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Pollution & Santé

« Il faut jeûner tout en respectant l’environnement » – Dr Dantiny Sako

Hadiaratou TOGO 19/02/2026 139 vues

Depuis le 18 février, le Ramadan et le Carême coïncident cette année, attirant de nouveau l’attention sur le jeûne, une pratique ancestrale observée depuis des siècles à travers le monde. Au-delà de sa dimension spirituelle, cette discipline soulève aussi des enjeux de santé et d’environnement. Régulation du poids, repos métabolique, mais aussi gaspillage alimentaire et pollution plastique : le Dr Dantiny Sako, spécialiste en santé publique, apporte un éclairage nuancé.

1) Qu’entend-on exactement par « jeûne » et quels types existent ?

Dr Dantiny Sako :
Le jeûne consiste à s’abstenir de manger et de boire pendant une période déterminée. Il en existe plusieurs formes. Le jeûne du Ramadan se pratique du lever au coucher du soleil, avec abstinence totale de nourriture et d’eau. Il y a aussi le jeûne intermittent, qui peut durer 16 heures sur 24 ou consister en un seul repas par jour. On distingue également le jeûne liquide, où l’on consomme uniquement des aliments liquides, et le jeûne hydrique, limité à la consommation d’eau.

2) Le Ramadan et le Carême coïncident cette année. S’agit-il du même type de jeûne ?


Je ne saurais pas me prononcer précisément sur le Carême. En revanche, durant le Ramadan, il est strictement interdit de consommer de l’eau, de la nourriture ou d’avoir des rapports sexuels jusqu’au coucher du soleil. Il s’agit d’une restriction à la fois alimentaire et comportementale.
3) Quels sont les effets du jeûne sur la santé ?

Le jeûne apporte plusieurs bénéfices lorsqu’il est pratiqué dans de bonnes conditions. Il aide à réguler la glycémie et, chez les personnes en surpoids ou obèses, contribue à maintenir un indice de masse corporelle équilibré. Il permet également au corps de se reposer, car chaque repas sollicite l’estomac et le système cardiovasculaire.

Le jeûne peut aussi favoriser un regain d’énergie et renforcer le système immunitaire. Ces effets restent toutefois variables d’une personne à l’autre et dépendent de l’état de santé initial.

4) Existe-t-il des contre-indications ?

Oui. Les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes dénutries ou atteintes de maladies graves, d’arythmie, d’insuffisance cardiaque ou de troubles mentaux sévères devraient éviter le jeûne.

Les patients diabétiques de type 1 et les personnes sous certains traitements — notamment les anti-inflammatoires, l’aspirine ou les antidépresseurs — doivent également s’abstenir, car ces médicaments nécessitent une prise alimentaire pour protéger l’estomac.

5) Que conseillez-vous pour le sahour et la rupture du jeûne ?

Au sahour, il est recommandé de privilégier des céréales complètes comme le riz complet, le maïs, le sorgho ou le blé, accompagnées de soupes de légumes ou de poisson. Les fruits riches en eau, comme la pastèque, la mangue ou l’orange, sont également conseillés. Et surtout, il faut bien s’hydrater.

À la rupture du jeûne, il est préférable de commencer par de l’eau tiède et quelques dattes, puis d’introduire progressivement des aliments légers en prenant le temps de bien mastiquer.

6) Quel impact le jeûne a-t-il sur les habitudes alimentaires et l’environnement ?


Nous observons souvent une consommation excessive pendant le Ramadan. Les familles préparent parfois plus de nourriture que nécessaire, ce qui entraîne du gaspillage alimentaire. Or, le Ramadan est avant tout un mois d’abstinence et de modération.

Sur le plan environnemental, l’usage massif de sachets plastiques pendant cette période constitue une source importante de pollution. Ces plastiques mettent des années à se dégrader, peuvent libérer des substances nocives, obstruent les caniveaux et représentent un danger pour la santé humaine et animale.

7) Quels gestes simples peuvent adopter les familles ?

Il est préférable de privilégier des contenants réutilisables comme des tasses, des calebasses ou des sacs en tissu. Lors des achats, apporter ses propres contenants permet de réduire les déchets. Favoriser les repas en famille ou en communauté limite aussi les emballages individuels.

Dr Dantiny Sako :
« Il faut jeûner tout en respectant l’environnement. La nature nous donne tout. Nous ne devons pas la polluer en retour. »
Le jeûne dépasse la dimension spirituelle et sanitaire : pratiqué avec conscience et modération, il peut aussi devenir un acte écologique.
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Jeûne et environnement au Mali : Ramadan santé et responsabilité

Commentaires 1

Traore
19/02/2026 à 22:20
Franchement cet article est riche et informatif merci chers doc
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