Source: © AFP / archives .Des manifestants en t-shirts blancs participent à une marche du mouvement « March and March » à Durban, en Afrique du Sud, dans un climat de tensions autour des questions migratoires.
Alors que les organisations Internationales (ONU et OMS) alertent sur une flambée de violences xénophobes en Afrique du Sud, la tension franchit un cap critique après la déclaration de deadline fixant au 30 juin le départ des migrants en situation irrégulière. Entre exode préventif et rapatriements immédiat, cette crise humanitaire met en lumière de manière brutale les effets du chômage de masse et de la pénurie des ressources vitales qui impactent la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Les Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alertent sur une recrudescence de violences xénophobes en Afrique du Sud, sur fond de fortes inégalités sociales, de chômage élevé et de tensions persistantes autour des migrations.
Selon plusieurs responsables onusiens, ces épisodes s’inscrivent dans une dynamique récurrente marquée par des vagues de violences visant des étrangers depuis plus d’une décennie.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation de « profondément bouleversante », dénonçant une « trahison tragique de l’héritage de liberté du pays ». Il appelle à une réponse fondée sur le droit et la protection des populations vulnérables.
Au moins dix personnes tuées
Selon les autorités mozambicaines, au moins cinq ressortissants du pays ont été tués lors de récentes violences anti-migrants survenues en Afrique du Sud, notamment dans la région de Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental. À ce lourd bilan s'ajoute également le décès de cinq ressortissants éthiopiens.
Ces violences ont provoqué des déplacements de populations et renforcé les inquiétudes de plusieurs pays africains concernant la sécurité de leurs ressortissants.
Le Nigeria, le Ghana, le Malawi, le Zimbabwe et le Mozambique ont ainsi facilité le retour volontaire de certains de leurs citoyens souhaitant quitter l’Afrique du Sud face à la dégradation du climat sécuritaire.
Le gouvernement sud-africain a indiqué que 2 745 étrangers avaient été rapatriés en une semaine dans le cadre du renforcement des opérations contre l’immigration irrégulière.
Ramaphosa condamne les violences
Face à la montée des tensions, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné les violences visant les ressortissants étrangers tout en réaffirmant la volonté de son gouvernement de lutter contre l’immigration irrégulière.
Dans une allocution à la nation le 7 juin, il a estimé que les difficultés économiques auxquelles le pays est confronté ne devaient pas servir de prétexte à la stigmatisation des migrants. Le chef de l’État a également dénoncé les groupes accusés d’attiser les tensions et rappelé que l’application des lois migratoires relevait exclusivement des autorités publiques.
Il a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières ainsi qu’une modernisation du système migratoire, tout en appelant au respect de l’État de droit.
L’ONU appelle à une réponse fondée sur les droits humains
Les Nations unies appellent les autorités sud-africaines à privilégier une réponse judiciaire et institutionnelle, et à éviter toute forme de représailles collectives.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé son espoir que les engagements en matière de droits humains soient pleinement respectés, tandis que l’OMS insiste sur la nécessité de protéger les populations étrangères et de prévenir toute escalade des violences.
Une crise récurrente dans un contexte d’inégalités persistantes
Depuis 2008, l’Afrique du Sud a connu plusieurs vagues de violences xénophobes, notamment en 2013, 2015, 2017 et 2019, visant principalement des migrants originaires d’Afrique subsaharienne.
Ces épisodes surviennent dans un contexte marqué par un chômage supérieur à 30 % et de fortes inégalités sociales, héritées en partie de la période post-apartheid.
Des chercheurs estiment que ces tensions ne peuvent être réduites à la seule question migratoire, mais qu’elles s’inscrivent dans des fragilités structurelles plus larges, liées à la pauvreté urbaine, à la crise de l'accès aux ressources vitales (eau, logement, électricité) et aux inégalités d’accès aux services publics.
Mobilisations et tensions sociales : l'ultimatum du 30 juin
Des mouvements se présentant comme citoyens, tels qu’Operation Dudula ou March and March, ont gagné en visibilité ces dernières années en dénonçant la présence de migrants en situation irrégulière.
Les tensions se sont enflammées depuis qu'un groupe opposé à l'immigration irrégulière a lancé un ultimatum national, ordonnant à tous les étrangers sans papiers de quitter le territoire avant le 30 juin. Suite à cette menace, des collectifs informels mènent des opérations d'intimidation et de porte-à-porte dans plusieurs villes pour forcer les migrants à plier bagage, alimentant une psychose générale et un exode préventif vers les pays frontaliers.
Leurs campagnes, largement relayées sur les réseaux sociaux, accusent les étrangers d’être responsables de la criminalité, du chômage ou de la dégradation des services publics, des affirmations contestées par de nombreux spécialistes. À l’approche des élections municipales prévues cette année, plusieurs observateurs soulignent également une instrumentalisation croissante des questions migratoires dans le débat public.
Un défi pour la cohésion sociale
Malgré une Constitution reconnue pour son caractère inclusif depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste confrontée à des tensions récurrentes autour de l’immigration.
Pour les Nations unies, la réponse à cette crise ne peut se limiter aux questions sécuritaires. Elle passe également par la réduction des inégalités, la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la cohésion sociale.
Alors que les appels au départ des migrants sans papiers continuent de circuler sur les réseaux sociaux, les autorités sud-africaines sont confrontées au défi de contenir les violences tout en répondant aux préoccupations économiques et sociales qui alimentent le mécontentement d’une partie de la population.
Selon plusieurs responsables onusiens, ces épisodes s’inscrivent dans une dynamique récurrente marquée par des vagues de violences visant des étrangers depuis plus d’une décennie.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation de « profondément bouleversante », dénonçant une « trahison tragique de l’héritage de liberté du pays ». Il appelle à une réponse fondée sur le droit et la protection des populations vulnérables.
Au moins dix personnes tuées
Selon les autorités mozambicaines, au moins cinq ressortissants du pays ont été tués lors de récentes violences anti-migrants survenues en Afrique du Sud, notamment dans la région de Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental. À ce lourd bilan s'ajoute également le décès de cinq ressortissants éthiopiens.
Ces violences ont provoqué des déplacements de populations et renforcé les inquiétudes de plusieurs pays africains concernant la sécurité de leurs ressortissants.
Le Nigeria, le Ghana, le Malawi, le Zimbabwe et le Mozambique ont ainsi facilité le retour volontaire de certains de leurs citoyens souhaitant quitter l’Afrique du Sud face à la dégradation du climat sécuritaire.
Le gouvernement sud-africain a indiqué que 2 745 étrangers avaient été rapatriés en une semaine dans le cadre du renforcement des opérations contre l’immigration irrégulière.
Ramaphosa condamne les violences
Face à la montée des tensions, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné les violences visant les ressortissants étrangers tout en réaffirmant la volonté de son gouvernement de lutter contre l’immigration irrégulière.
Dans une allocution à la nation le 7 juin, il a estimé que les difficultés économiques auxquelles le pays est confronté ne devaient pas servir de prétexte à la stigmatisation des migrants. Le chef de l’État a également dénoncé les groupes accusés d’attiser les tensions et rappelé que l’application des lois migratoires relevait exclusivement des autorités publiques.
Il a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières ainsi qu’une modernisation du système migratoire, tout en appelant au respect de l’État de droit.
L’ONU appelle à une réponse fondée sur les droits humains
Les Nations unies appellent les autorités sud-africaines à privilégier une réponse judiciaire et institutionnelle, et à éviter toute forme de représailles collectives.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé son espoir que les engagements en matière de droits humains soient pleinement respectés, tandis que l’OMS insiste sur la nécessité de protéger les populations étrangères et de prévenir toute escalade des violences.
Une crise récurrente dans un contexte d’inégalités persistantes
Depuis 2008, l’Afrique du Sud a connu plusieurs vagues de violences xénophobes, notamment en 2013, 2015, 2017 et 2019, visant principalement des migrants originaires d’Afrique subsaharienne.
Ces épisodes surviennent dans un contexte marqué par un chômage supérieur à 30 % et de fortes inégalités sociales, héritées en partie de la période post-apartheid.
Des chercheurs estiment que ces tensions ne peuvent être réduites à la seule question migratoire, mais qu’elles s’inscrivent dans des fragilités structurelles plus larges, liées à la pauvreté urbaine, à la crise de l'accès aux ressources vitales (eau, logement, électricité) et aux inégalités d’accès aux services publics.
Mobilisations et tensions sociales : l'ultimatum du 30 juin
Des mouvements se présentant comme citoyens, tels qu’Operation Dudula ou March and March, ont gagné en visibilité ces dernières années en dénonçant la présence de migrants en situation irrégulière.
Les tensions se sont enflammées depuis qu'un groupe opposé à l'immigration irrégulière a lancé un ultimatum national, ordonnant à tous les étrangers sans papiers de quitter le territoire avant le 30 juin. Suite à cette menace, des collectifs informels mènent des opérations d'intimidation et de porte-à-porte dans plusieurs villes pour forcer les migrants à plier bagage, alimentant une psychose générale et un exode préventif vers les pays frontaliers.
Leurs campagnes, largement relayées sur les réseaux sociaux, accusent les étrangers d’être responsables de la criminalité, du chômage ou de la dégradation des services publics, des affirmations contestées par de nombreux spécialistes. À l’approche des élections municipales prévues cette année, plusieurs observateurs soulignent également une instrumentalisation croissante des questions migratoires dans le débat public.
Un défi pour la cohésion sociale
Malgré une Constitution reconnue pour son caractère inclusif depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud reste confrontée à des tensions récurrentes autour de l’immigration.
Pour les Nations unies, la réponse à cette crise ne peut se limiter aux questions sécuritaires. Elle passe également par la réduction des inégalités, la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la cohésion sociale.
Alors que les appels au départ des migrants sans papiers continuent de circuler sur les réseaux sociaux, les autorités sud-africaines sont confrontées au défi de contenir les violences tout en répondant aux préoccupations économiques et sociales qui alimentent le mécontentement d’une partie de la population.
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