Mère Nature
Média environnemental pour le Mali et l'Afrique
+223 95392859 hadiaratout93@gmail.com
International

Allemagne : des ONG africaines dénoncent des obstacles de participation

Hadiaratou TOGO 16/06/2026 92 vues
Allemagne : des ONG africaines dénoncent des obstacles de participation
Source: PACJA, Appel de la société civile africaine pour la justice climatique et un financement accru à l’ouverture de la SB64 de la CCNUCC à Bonn

Alors que les négociations climatiques intermédiaires de l’ONU se poursuivent jusqu’au 18 juin, plusieurs organisations africaines et internationales alertent sur des difficultés d’obtention de visas ayant empêché certains délégués du continent de participer aux discussions. Une situation qui ravive les interrogations sur l’équité d’accès aux négociations climatiques internationales.

Réunis à Bonn en Allemagne du 8 au 18 juin dans le cadre des sessions « SB64 » de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les États travaillent sur plusieurs dossiers techniques en amont de la COP31 prévue en novembre à Antalya, en Turquie. Adaptation, financement climatique, pertes et dommages ou encore bilan mondial des engagements figurent parmi les principaux sujets à l’ordre du jour.
Selon la CCNUCC, ces réunions doivent permettre de faire progresser les négociations avant la prochaine conférence mondiale sur le climat.

Visas refusés ou retardés : des critiques sur la participation
À l’ouverture des travaux, des organisations de la société civile africaine ont dénoncé des refus ou retards de visas ayant empêché certains participants d’assister aux discussions à Bonn.
Pour ces acteurs, ces obstacles dépassent une simple difficulté administrative. « Ce n’est pas un problème administratif, c’est une question politique », a déclaré Baboucarr Nyang, coordinateur du Climate Action Network (CAN), cité par le média The Alkamba Times.

Selon plusieurs organisations et médias présents sur place, des délégués africains, des experts et des représentants de la société civile n’ont pas pu rejoindre les négociations à temps, limitant la présence de certaines voix du continent dans les débats.

Sur place, certains participants évoquent une frustration croissante face à ces difficultés récurrentes d’accès aux conférences climatiques organisées en Europe.

L’Afrique face à des impacts climatiques déjà sévères
Cette controverse intervient alors que l’Afrique reste l’une des régions les plus exposées aux effets du changement climatique, entre sécheresses prolongées, inondations, dégradation des terres et baisse de la productivité agricole.

Les questions d’adaptation et de financement climatique figurent parmi les priorités du Groupe africain des négociateurs dans ces discussions.
Dans une déclaration publiée à l’occasion de l’ouverture des travaux, l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA) appelle à un renforcement de la justice climatique et du financement en faveur des pays en développement.

L’organisation souligne que l’adaptation constitue un enjeu de survie pour de nombreuses communautés africaines déjà confrontées aux effets du réchauffement climatique. Elle rappelle également que plus de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité et plaide pour une transition énergétique juste, soutenant à la fois l’accès à l’énergie, l’emploi et le développement.

Le PACJA appelle les pays développés à honorer leurs engagements financiers et évoque la nécessité de mobiliser des financements climatiques à grande échelle, encore jugés insuffisants face aux besoins.

Amnesty International insiste sur les droits humains et la participation
De son côté, Amnesty International estime que les discussions de Bonn doivent permettre de transformer les engagements climatiques en actions concrètes fondées sur les droits humains et l’équité.

Dans une déclaration publiée le 5 juin, l’organisation appelle à une transition rapide et équitable hors des énergies fossiles, à une hausse significative du financement climatique sous forme de subventions, ainsi qu’à un renforcement des mécanismes liés aux pertes et dommages.

Amnesty International insiste aussi sur la nécessité de garantir une participation effective des populations les plus exposées au changement climatique, notamment les peuples autochtones, les défenseurs de l’environnement et les communautés marginalisées.

L’organisation exprime par ailleurs des préoccupations concernant les difficultés d’accès aux négociations pour certains participants, appelant les États hôtes à faciliter les procédures de visa pour les conférences climatiques internationales.

Un débat récurrent sur l’équité des négociations
Les critiques sur l’accès aux négociations climatiques ne sont pas nouvelles et reviennent régulièrement lors de conférences organisées en Europe.

Alors que les discussions se poursuivent à Bonn, cette controverse remet en lumière une question centrale : la capacité du système onusien à garantir une participation équitable des pays les plus exposés aux impacts du changement climatique.

Dans un contexte où l’Afrique contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre mais subit de manière disproportionnée les effets du dérèglement climatique, la question de la représentation reste au cœur des débats sur la justice climatique.






Tags
justice climatique SB64 Bonn CCNUCC société civile africaine visas négociations climatiques financement climatique adaptation au changement climatique pertes et dommages Afrique climat COP31 droits humains et climat

Commentaires 0

Soyez le premier à commenter cet article !

Laisser un commentaire
Votre email ne sera pas publié.
Minimum 10 caractères, maximum 2000 caractères.